mais C'est Pour mieux t'Entuber, mon enfant. [texte] [image]Le CPE
Economie de marché, définition : système dominé par les intérêts privés, notamment ceux des détenteurs du capital financier.Ah, voilà encore une histoire qui fait couler beaucoup d'encre et de pixels. Nos espérances aussi, elles coulent, à pic.
Ni une solution miracle ni une ineptie totale, le cpe est une autre dose de poudre aux yeux, de la part de gouvernants n'imaginant pas remettre en cause le système économique qui fait leur richesse. Reste que cette dose de poudre aux yeux aura des conséquences grave sur une jeunesse déjà larguée depuis bien longtemps par leurs ainés. Ainsi donc, dans sa Grande Responsabilité, le Premier Sinistre nous propose une nouvelle mesure sensée relancer l'emploi. Comme toujours, veillons donc à voir les choses dans leur ensemble - factuel et temporel - pour bien voir de quoi il s'agit.
Seules les générations nées avant 1955, et qui partiront bientôt à la retraite, ont connu la norme du plein emploi toute la vie. Avant 1975, le taux de chômage dans les deux ans qui suivaient la sortie des études était de 6 % : on choisissait alors son patron plutôt que l'inverse. Depuis vingt-cinq ans, au contraire, ce taux oscille selon la conjoncture entre 20 et 33 %, avec 25 % aujourd'hui : autant de vies gâchées souvent très au-delà de l'âge de 30 ans.
Dans les années 1970, le « pauvre » faisait partie des générations nées trop tôt pour bénéficier de l'Etat providence. Maintenant, le « pauvre » est jeune.
Dans les années 1970, le salaire des personnes de 50 ans était supérieur de 15 % à celui des jeunes de 30 ans; cet écart est maintenant de plus de 40 % et ne se rattrape pas en vieillissant. Un jeune actif qui fondait une famille avait un niveau de vie supérieur à celui d'un retraité de l'époque; aujourd'hui, c'est le contraire !
La moindre erreur de parcours scolaire ou professionnel peut être très coûteuse. D'où l'angoisse des familles quant à la carte scolaire, au quartier. Le pouvoir d'achat, entre 1984 et 2005, n'augmente que de 0,5 % par an, ce qui écarte toute espérance d'amélioration tangible à l'échelle d'une génération. Le doublement du prix des logements depuis 1997 n'arrange rien, au contraire, mobilités sociale et géographique étant étroitement liées.
retrouvez les sources ici : http://louis.chauvel.free.fr
Il faut bien se rendre compte que la Sacro Sainte Trinité "Au nom de la Bourse, de l'Entreprise et du Travail", n'est pas une optique permettant de réduire les inégalités, bien au contraire. La marge de manoeuvre pour une entreprise qui veut réaliser des bénéfices (sous la pression des taux d'interets élevés pour les placements....hé oui, merci la banque centrale) à court terme, ne se situe pas sur le Marché national ou international, elle se situe sur le dos des travailleurs, le cpe en est un exemple de plus.
Car la mondialisation, on ne le répetera jamais assez, c'est la mise en concurence de tous les travailleurs de la planète. Si vous voulez savoir à quoi ressemble la vie d'un pêcheur tanzanien, je vous invite à regarder "Le cauchemar de Darwin". A coté, la vie d'un enfant chinois cousant des chaussures de sports 12 heures par jour serait presque enviable ! Vous avez dit "flexibilité" ?
Le fait qu'une entreprise fasse du bénéfice ne nous dit rien quant à sa profitabilité et à la probabilité de sa survie. Ce qui importe, c'est l'écart entre la rentabilité du capital dans l'entreprise et le taux d'intérêt. Si la première est inférieure au second, l'entreprise doit procéder à des adaptations de coûts et/ou à des restructurations, sous peine de voir le cours de ses actions s'effondrer - ou ne pas progresser assez face à ses concurents - et devenir la proie facile d'une OPA....Qui a dit Arcelor ? En d'autres termes, si j'ai 1 million d'euro pour créer une entreprise, mes prévisions de bénéfices doivent être plus élevé que si je plaçais ce même 1 million à un taux de 4%.....ou plus, comme ça se fait chez nous. C'est logique, à quoi bon créer une entreprise, si un placement rapporte plus ? Je vous le demande...
L'effet pervers, c'est que l'entreprise va - forcément - devoir équilbrer son plan d'affaire pour faire face à ces exigences bancaires représentées par des taux d'interets élevés. Et que va t elle faire, cette entreprise ? Raboter sur ses achats de machines ? raboter sur ses achats de matière premières ? Impossible bien sur, on peut certes trouver de nouveaux fournisseurs, investir dans une logistique plus efficace....mais ces économies de bout de chandelles n'interessent pas l'actionnaire, il veut du rendement, et du rendement rapide. Il faut donc raboter sur ce qu'il reste, et ce qu'il reste, c'est nous ! Bah oui, on détricotte patiemment les règles du travail, et on fini par imposer aux jeunes un contrat épuré de toute protection, mais bien rempli des obligations que se doit de respecter un travailleur digne de ce nom. Ca leur a pris une trentaine d'année, mais ils y arrivent, ils sont forts tout de même
Dès demain, on trouvera donc légalement normal que Renault (au hasard, si, je le jure) embauche 1000 cpe pour faire face à la production en série d'un nouveau modèle....et de les virer aussi sec moins de 24 mois plus tard, histoire de maximiser la prise de bénéfice pour le dit nouveau modèle....capice ? Donc, le travailleur qui s'investit de nombreux mois sur une chaine de montage, n'en tirera strictement aucun bénéfice au delà de son smic (salaire de misère pour t'inscrire au chomage) . Qu'il est bête aussi, au lieu de manger et de se loger, il ferait mieux d'acheter des actions ! Et n'oubliez pas de nous remercier de vous avoir exploité en sortant.
On comprend mieux ainsi pourquoi les responsabilités sont partagées entre l'entrepreneur, dont la qualité de la gestion détermine le rendement du capital, et les pouvoirs publics, qui influencent l'évolution des taux d'intérêt. Une augmentation des taux d'intérêt est en quelque sorte un appel à licenciement, puisqu'elle réduit la profitabilité des entreprises. Suivez ce lien pour plus d'info : http://www.ofce.sciences-po.fr/fitoussi/presse/monde_18-5.html
Le plus choquant, finallement, c'est bien l'hypocrisie des gouvernants. D'un coté ils se gargarisent de grandes phrases pour condamner les licenciements massifs, entrainant toujours plus de monde dans la pauvreté, et de l'autre, ils organisent un nouveau contrat de travail qui va faciliter à grande échelle tout type de licenciement.
On feint de découvrir tout ça, alors que depuis trente ans, les politiques qui se sont succédées se sont attaquées, couche apres couche, aux diverses protections sociales, acquises de haute lutte par nos parents.
En modifiant les rapports de force entre les salariés et l'entreprise, c'est bien à la masse salariale, sorte de boulet empêchant de faire des bénéfices en rond, que nos dirigeants se sont attaqués.
Ils ne faut pas non plus - surtout pas - éluder le problème culturel issu de ces pratiques. Aujourdhui, nous sommes dans une société où, ceux qui ont vécu les fameuses "trente glorieuses" (periode économiquement faste de l'apres guerre, reconstruction, grands travaux, etc...) profitent maintenant de leur retraite, ma foi bien méritée, 40 ans de boulot environ, ça pose le respect. Pour les autres, les jeunes, les moins jeunes et les presque vieux (de 18 à 40 ans quoi...), oubliez, oubliez tout ça, il n'y aura pas de travail pour tout le monde, car le chomage est institutionalisé (anpe), instrumentalisé (manipulation des chiffres) et surtout, quel bel épouvantail pour effrayer le commun des mortels, quelle énorme nasse dans laquelle puiser pour une entreprise....Qui n'a jamais entendu le genre de réflection "si ce boulot te plait pas, tires toi, y'en a pleins derrière qui attendent"....concurence interne entre les forces de travail, le tout dans un bain de mondialisation.
Il s'agit bien de la racine d'un problème culturel, car comme le dit Louis Chauvel (professeur de science po déjà cité plus haut), au sein de la société, c'est la première fois dans l'histoire où le niveau de vie est plus élevé à ne rien faire entre 60 et 65 ans qu'à travailler à plein-temps entre 30 et 35 ans. En 1977, il y avait un décalage de salaire de 15 % entre 30 et 50 ans. Aujourd'hui, il est de 40 %.
Le problème culturel, on peut mieux le comprendre via ce petit dialogue imaginaire :
un "trente-glorieusard" à la retraite : - les jeunes d'aujourdhui, c'est des branleurs, des fainéants, moi, à mon époque..... un gar de 20 ans pris au hasard : - bah ouais papy, mais pendant que tu te dores au soleil et que tu donnes à boire à ton 4x4, moi je bouffe des racines de pissenlits, il parait que ça coupe la faim.
La sécurité des diplômés dans l'emploi est très relative. Et la précarisation des stables par les instables qui poussent à la porte existe aussi. Les jeunes générations ne se contenteront pas de payer le coût de la précarisation toute leur vie. C'est aussi un poids pour ceux qui réussissent, car ils seront tenus de réfréner leur appétit.
Allez, c'est pas grave, ils nous restent la "télé-people" super éducative et une Information libre et indépendante. Non ? Ah, tant pis...















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