en quoi ce principe de nouveaux contrats d'embauche servent ils le néo-libéralisme ? [texte] [video]Mondialisation, Globalisation et CPE
Que de gros mots ! Tellement gros qu'il est devenu impossible de passer une journée sans que ces concepts n'attérissent dans nos chastes oreilles, s'imposent à nous, à tel point qu'aujourdhui, même mon chien se sentirait capable d'en définir et d'en circonscrir tous les contours. Qu'en est il dans notre réalité quotidienne, et quel rapport avec les attaques du pouvoir sur les droits acquis des travailleurs ?Mondialisation et globalisation ne sont rien d'autre que les deux têtes d'un capitalisme extrême et rationalisé. Rationalisé, c'est à dire optimisé dans ses fondements et ses objectifs : réaliser des bénéfices maximums. C'est l'arme principale utilisée pour argumenter le nivellement pas le bas des différents droits sociaux, des services publics et des travailleurs. Pour autant, est ce une évolution ? Deux arbres cachent en fait une forêt déjà bien ancienne, composée de l'histoire des différents pouvoirs conservateurs. Par conservateur, il ne faut pas tant penser en terme de status d'un pouvoir qui refuserait toute avancée économique, scientifique ou autre, mais bien en terme d'une minorité privilégiée qui compte bien conserver ses propres privilèges, et même en amplifier les effets. Le premier soucis lorsqu'on arrive au pouvoir, est de trouver la méthode pour le conserver. En ce sens, le pouvoir est l'outil des conservateurs pour plus de pouvoir....paradoxal ? Non, car en fait la grosse partie des conservateurs ne fait pas partie du "pouvoir vitrine" politicien, mais en tant que hauts fonctionnaires, banquiers, hommes d'affaires, industriels, et autres gestionnaires de fonds, leur interet principal est d'être de ceux qui influencent, organisent le "pouvoir vitrine". Là ou le serpent se mord la queue, c'est que le pouvoir politique est devenu entièrement dépendant et est clairement influencé par le pouvoir conservateur....Rien qu'en France, les exemples foisonnent, pensons au financement des partis politiques, et déjà, tout est dit. Et ici aussi il y a mondialisation, la France n'est pas une exception, tout l'occident fonctionne déjà sur ce modèle, régulé par le FMI, la Banque Mondiale, la Banque Européenne d'Investissement, et toute cette cargaison d'organismes aux noms obscurs, mais aux objectifs pourtant bien clairs.
Ceci étant posé, c'est dans ce cadre qu'il faut analyser les stratégies actuelles, qui depuis des années déjà, cherchent à raboter les pouvoirs de l'Etat. Et Attention, comme j'aime à le dire, l'Etat, ce n'est pas un ovni dans le ciel, l'Etat c'est vous, c'est moi, c'est nous. Quand on parle de pouvoir de l'Etat, on parle de notre propre pouvoir, à nous citoyens d'une société démocratique. Alors, lorsque le pouvoir politique, par ses accointances avec le pouvoir conservateur va à l'encontre des intérets de l'Etat, ce n'est ni plus ni moins que l'ensemble des citoyens qui se rertouvent spoliés de leur propre pouvoir. Le fameux "j'entends ceux qui manifestent, mais j'entends aussi ceux qui ne manifestent pas", cher à notre Actuel Premier Sinistre, est de ce fait perçu plus clairement : Ce n'est pas la rue qui décide, c'est les lobbys conservateurs. Il ne faut surtout pas s'attendre à un changement drastique de politique, au mieux, le retrait du CPE, s'il est retiré, ne sera jamais qu'un recul pour bientot mieux sauter, dans l'esprit des conservateurs, et donc de leurs apôtres politiques.Alors ainsi, on agite sous le nez des travailleurs l'épouvantail de la concurrence entre les travailleurs. On nous parle des ouvriers Chinois, des travailleurs Indiens....Mais l'Union Européenne, c'est avant tout le Marché Européen, en ce sens, 70% des échanges économiques (produits, services, capitaux) européens se produisent à l'intérieur même de l'Europe. De ce fait, c'est aujourdhui la concurrence entre les travailleurs européens qui est organisée, toujours dans l'optique d'un nivellement pas le bas. La Directive Bolkenstein, sorte de catéchisme patronal, sorte de constitution condensée, n'est pas autre chose que la volonté farouche de flexibilisation du marché du travail intra-européen, et les privatisations successives des entreprises publiques n'est rien d'autre que la confiscation par les plus riches des acquis collectifs : santé, sécurité sociale, logement, culture, sciences, ressources naturelles, etc...
Alors, quand on nous propose des CPE, CNE, ou toute autres bondieuseries dans le genre, c'est simplement la continuité de la stratégie néo-libérale. Penser, lorsqu'on est soi même précaire, que ces initiatives peuvent avoir leurs cotés positifs, c'est se mettre le doigt dans l'oeil, jusqu'à l'omoplate. En fait, ça fait trente ans, que les gouvernements, les uns après les autres, se prommettent de lutter contre le chômage. Depuis trente ans, les mesures de flexibilisation et de dérégulation se multiplient, grapillant jour après jours, d'avantage de nos libertés, de nos acquis sociaux. Trente ans...il ne peut exister aucune excuse valable pour justifier une telle durée dans l'incompétence, dans la manipulation. Evidement, nourris depuis le plus jeune âge au biberon de la théorie individualiste, il est parfois difficile d'aller à contre courant, car c'est toute une culture induite qu'il faut remettre en question. Et cette culture individualiste, dont la clé de voûte est le travail libérateur, n'est qu'une horrible chimère qui voudrait nous faire croire que les puissants agissent dans l'interet collectif, que l'invisible main du marché est apte, à elle seule, de pourvoir à tous les problèmes qui peuvent surgir dans une société. Ainsi, chaque rapport que nous puissions avoir avec nos semblables est matiné d'individualisme, d'économisme, et de travaillisme...Salut voisin, et le travail, ça va ?Il faut aussi savoir qu'en France, près de 75% des nouveaux travailleurs le sont à titre temporaire, et que parmis ceux-ci, seul environ un quart obtiendra un travail stable. Ceci concerne avant tout les jeunes, et cette insécurité inhérente frappe donc d'abord les jeunes..Ceux qui sont déjà sur le marché du travail, mais aussi ceux qui y seront bientot. Travailleurs, Universitaires, Lycéens, votre sort n'est en aucun cas différent de ceux des millions de chomeurs, des millions de rmiste, des millions de smicars, des 20 millions de personnes, qui, en France vive sur le seuil de la pauvreté, et pour beaucoup d'entre eux, bien en dessous. Il n'est pas de développement personnel dans la précarité, ceux qui prétendraient le contraire sont de fiéffés menteurs.
Du pain et des jeux, voilà ce que veut le peuple. Vieux comme un adage romain, la technique est toujours actuelle, et transposée à la Loi du Marché, elle arrive avec son cortège de moyens prosélitistes, manipulatoires et dominateurs, qui font qu'aujourdhui, le politiquement correct est la mise, et que tout ce qui se veut respectable se doit d'aller dans le sens du courant : il faut tenir un discours de "bonne gestion", être "économiquement convaincu" pour être accepté par les sphères intelectuelles dominantes.Les moyens pour résister individuellement à ces agressions à l'intelligence existent. Commencer par douter systématiquement des informations relayée et trop souvent ré-orientée par les grands groupes de médias, il y a là conflit d'interets manifeste entre ce qui est sensé être un contre pouvoir, et les grands groupes financiers dominants. Mais comme il est évident qu'aujourdhui, beaucoup de précarisés sont parfaitement au courant qu'ils ne sont que les marionettes d'un système qui vise à les asservirs, sinon à les broyers, la méthode la plus efficace pour garder la tête hors de l'eau, pour éviter de se sentir comme un fou dans un asile d'aliénés, est de garder la tête haute, de refuser de courber l'échine face à la "bienpensance" générale. Toi le précaire, tu ne dois pas avoir honte de ton état, ni te soumettre aux idées dominantes, au contraire, parle de tes propres idées, de ta manière de voir les choses, s'exprimer à contre courant n'est pas si dur, le tout est de faire le premier pas. Le deuxième pas doit t'amener à te rassembler avec tes semblabes, à militer pour tes idées, et au troisième pas, tu découvriras peut-être que l'union fait la force, sache en tout cas que c'est unis que nous pourrons vaincre nos oppresseurs.
Sources diverses :
- P. Bourdieux, "contre-feux" 1998
- Extrait vidéo de "journal intime, affires encours", de Pierre Carles
- http://france.attac.org/















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