Les joies de la mondialisation en Afrique de l'Est. [video] [image] [texte]Le Cauchemar de Darwin
Le cauchemar de Darwin nous explique les méfaits de la mondialisation à travers un exemple précis : L’introduction de la perche du Nil, son industrialisation et tous les effets pervers qui s’en suivent. Olufa Amaras aurait déversé quelques perches du Nil dans le Lac Victoria en 1954, les scientifiques considéraient alors ce lac comme un laboratoire naturel de l'évolution : depuis son dernier assèchement total il y a 12 000 ans, plus de 300 espèces de cichlidés y sont apparues (nos eaux douces d'Europe n'abritent que 129 espèces de poissons) et de nombreux chercheurs du monde entier essayèrent d'y vérifier les mécanismes de l'évolution imaginés par Darwin.
Ces perches ont mis quelques années pour prendre la place des poissons locaux.
En attendant que ces perches atteignent leur apogée, certains ce sont lancé dans la pêche sportive (pour étrangers bien sur) ces poissons pouvant atteindrent 100 kg, c’est plus impressionnant que les petits poissons locaux ! « Les Anglais en poste en Ouganda, à Kampala, appréciant de faire de la pêche sportive le week-end. »
Et puis les scientifiques ont commencé à observer l’expansion démographique de ces perches au détriment des poissons locaux. En cette année 1977, les prises de cichlidés représentaient encore 32 % du tonnage pêché et celles des perches du Nil 1 %, 6 ans plus tard le phénomène s’inverse totalement : 68 % de perches du Nil pour 1 % de cichlidés.Avant ce grand changement les populations locales qui peuplaient les rives du lac vivaient de la pêche depuis des siècles et s’auto suffisaient. Et puis sont arrivés ces scientifiques, et puis sont arrivés les perches, et dés que cela paru rentable, de grosses sociétés étrangères sont venus s’installer.
Ces sociétés ont « acheté » les services des pêcheurs locaux.
. L’industrialisation des côtes a commencé par la Tanzanie. Les perches se vendant plus cher à l’étranger ces pêcheries ne les vendent pas dans ces pays Africains. Les africains n’ont pas les moyens d’acheter ces poissons : juste les arrêtes et les têtes.
Ces entreprises sont devenues de plus en plus grosses. Aux pêcheries se sont ajoutés les usines de transformation : des perches en filets pouvaient désormais partir par avion cargo vers le monde entier, et principalement l’Europe jusqu’à la fin des années 90.
Cette même Europe a fortement contribué au développement de ces industries et au développement des routes pour maximiser les importations de ces perches pour les pays de la vielle Europe.
Cichlidés
C’est maintenant que tout cela se complique. Ces industries ont fleuries sur toutes les côtes du lac, les populations des terres sont venues vivre à ces abords pour trouver du travail. Vous me direz que c’est formidable, mais pas si sur !
On dit que l’industrie crée des emplois, mais c’est complètement faux. Un emploi créé en Tanzanie tue huit emplois anciens. L’industrie locale nourrissait le peuple. Là, les femmes ont perdu tous leurs emplois dans les zones rurales tandis que se créaient des emplois masculins en ville. Dans le rapport de la Banque mondiale, on lit mille emplois créés, pas le reste. Les millions trouvés pour investir en Tanzanie retournent dans les banques suisses. Les industriels indiens d’Afrique de l’Est, qui tiennent l’économie et font marcher le pays, disent qu’ils ont trois choses de valeur : le poisson, l’argent et leurs enfants. Le poisson part pour l’Europe, l’argent en Suisse et leurs enfants en fac à Toronto. Rien ne reste en Tanzanie.
Rien n’a été prévu pour la salubrité de ces populations : pas de traitement des eaux usées (pour les usines non plus mais nous en reparlerons plus tard) donc pas d’hygiène. Développement de la prostitution (vous vous rappelez que les femmes ont perdu leur travail), et expansion du sida (aucune prévention n’a été faite).Et comme il n’y a plus de petits poissons dans le lac et qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter les perches qu’ils pêchent, plus de nourriture à un prix raisonnable d’où des problèmes de malnutrition, santés défaillantes, mortalités infantiles forte……Bref, une espérance de vie de 45 ans !
S’ajoute à tout cela le fait que pour faire la cuisine, ces populations ont besoin de bois (certaines de ces industries aussi), d’où une déforestation massive qui ne cesse de croître tout autour du lac. Sans compter la perte de ces forêts, faunes et flores qui ont disparus, ces abords n’étant plus protégés, les boues se déversent dans le lac, d’où une pollution de l’eau.
Rappelons que le lac Victoria était la plus grande réserve d’eau douce de l’Afrique, et bien on peut dire que c’est fini ! Ces eaux sont donc polluées par les boues (aucune urbanisation sanitaire, pas de latrines….). Ces ruissellements sont responsables d'une augmentation chronique de phosphates et de nitrates qui favorisent une pullulation des algues. Pollution aussi par les eaux non traités des usines qui s’y déversent à chaque instant, par les pratiques de pêche qui consistent à empoisonner les poissons par des pesticides et d'autres toxiques. Par les industries polluantes : textile, tannage du cuir, fabrication de papier, brasseries- situées près du lac, en rajoutent à la situation précédemment décrite. En plus les eaux et les poissons sont contaminés par le mercure rejeté par les chercheurs d'or …

Une étude récente montre que les usines tanzaniennes déversent quotidiennement dans le lac deux millions de litres d'effluents non traités et de déchets industriels. Sans compter l’exploitation aurifère qui accélère considérablement la déforestation.

L’homme a en plus introduit la jacinthe d’eau, plante originaire du Brésil. Très envahissante, elle gêne la navigation et favorise un milieu vaseux, propice à la prolifération de la Perche du Nil (productivité) et aux vecteurs de la bilharziose et du paludisme.
La transparente de l’eau s’est modifiée, là où on pouvait voir à 15mètre en 1930, on ne peut plus voir qu’à 8mètre aujourd’hui.

A ce rythme, certains (dont les scientifiques de l'International Center for Research in Agroforestry), prévoient que le lac deviendra un point d'eau mort avant les années 2050, avec toutes les conséquences que cela aura pour la population locale (30 millions d'habitants).
Mais il y a aussi une autre information très importante dans ce film qui est certainement la plus controversé : c’est la vente d’armes.
Tout se tient, les industries utilisent les services de compagnies aériennes russes pour une question de coût (les moins cher sur le marché) pour transporter leurs marchandises (notamment les perches du Nil) vers les pays de leurs clients (le reste du monde quoi !). Mais s’ils ne viennent pas avec des médicaments où autres denrées qui pourraient améliorer la vie des populations locales, ils viennent avec des armes qui seront vendus aux diverses factions pour entretenir des guerres fratricides (après la chute du mur et la fin de l’URSS des stocks d’armes russes se sont comme qui dirait volatilisés vers les pays en guerre à travers le monde entier et notamment en Afrique). Mais pourquoi me direz-vous ? Pour le profit bien sur. A cela vous pourriez me demander pourquoi nos pays n’essayent pas d’arrêter ces trafics. Et bien c’est très simple, ça les arrange, c’est une façon de « modeler » le monde pour mieux le contrôler. Après la colonisation ils n’ont pas voulu perdre leur influence et surtout le pillage des ressources de ces pays qui devraient être riche. L’Afrique est riche ? HoHo comme c’est étrange pourtant on n’arrête pas de nous dire que c’est le continent le plus pauvre de la planète ! Et pourtant toutes les ressources du monde se trouvent là, et c’est bien le drame de ces pays, de ces populations, nous voulons leurs ressources à tout prix. La mort et la désertification de l’Afrique ne nous émeuvent pas (sauf pour garder quelques zones touristiques où nous pouvons admirer les beaux éléphants).
C’est tout simplement au génocide de tout un continent que nous assistons, alors bon spectacle !

Petites précisions :
Le produit intérieur brut (PIB) de la Tanzanie s'élevait à 10,3 milliards de dollars en 2003, soit un revenu moyen par habitant de 290 dollars, ce qui place le pays parmi les plus pauvres du monde avec une croissance qui atteint pourtant plus de 6 % en 2005.
Et si l’Europe n’importe presque plus de perches (problème sanitaire dû à la pollution), les perches continuent d’être vendus de par le monde.
Le commerce extérieur est traditionnellement déficitaire. Les exportations, destinées essentiellement à l'Allemagne, à la Grande-Bretagne et au Japon, concernent le café, le coton, les diamants, le tabac, le thé, les clous de girofle et le sisal. La Tanzanie importe — depuis la Grande-Bretagne, le Japon, l'Italie et Oman — pétrole, machines, matériaux de construction et équipements de transport.

__________________________________________ Sources de cet article :
http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761562305/Tanzanie.html
http://www.cinemaodyssee.com/dossiers/odyssee_dossier_peda_cauchemar_darwin.pdf
http://www.hubertsauper.com/
http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/breves/2005/3.htm
http://www.wrm.org.uy/countries/Africa/menacees11.html
http://www.un.org/french/ecosocdev/geninfo/afrec/vol15no3/153persf.htm
http://www.redcross.int/FR/mag/magazine2004_2/12-13.html
http://agritrade.cta.int/fisheries/newsf0502fr.htm
http://europa.eu.int/comm/development/body/publications/courier/courier196/fr/fr_033_ni.pdf
http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr/oj/dat/2001/l_221/l_22120010817fr00450049.pdf
















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