La Consommation par la Terreur - Surplus

Le reportage commence sur un constat : le tout au profit, toujours plus grand, toujours plus haut a des consquences désastreuses sur l'environnement, et sur l'ensemble des populations, en particulier celles des pays pauvres. Mais quel pays est pauvre pas hasard ? Où sont donc les grosses ficelles de la manipulation. Mondialiste contre altermondialiste, est ce le goût de la violence qui fait se déplacer des millions de personnes qui luttent pour un monde meilleur et plus équitable ? A moins que la violence ne soit en fait pas là où "on" nous le dit.

Question manipulation, voilà qui nous amène sur les dérives de langage de certains de nos politiciens, à tous les niveaux de pouvoir. Selon le principe que pour qu'un mensonge devienne vérité, il suffit de le répéter inlassablement un nombre suffisant de fois, la pensée unique néo-libérale s'est trouvé là son coupe-coupe favori qui, couplé au dénigrement systématique, rase les contestations jusqu'à l'os. Ces excès dialectiques sont la forme médiatique de la communication du haut vers le bas de la hierarchie sociale, c'est dire si en utilisant des langages qui ne sont pas les leurs, les hommes de pouvoir prennent le peuple pour une sorte d'idiot du village mondial à qui il faut dire les choses simplement, parfois agressivement, mais toujours accompagnée de références propres a faire surgir de simples émotions.

Il n'y a qu'a regarder les discours populiste contemporains, pratiqué par une frange de plus en plus importante de la droite politique pour s'en rendre compte : l'émotion est le moteur de leur discours vide, ce qui compte n'est pas le contenu, mais l'effet. Si des gens normaux se mettent à gueuler comme des boeufs et foncent acheter le dernier tee-shirt pro-Sarko, c'est que le discours à fait mouche. Ce principe du mensonge transformé en vérité par la répétition, et cette méthode qui consiste à galvaniser par l'émotion ceux qui prêtent l'oreille aux discours populistes, nous est directement léguée par ceux là même qui les ont instrumentalisés à grande échelle : les idéologues ultra-nationalsite du 3eme Reich, Goebbels en tête...." l'idéal, c'est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu'elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement "

Grâce à ce piano médiatique, nous sommes passé de "la sainte croisade du XXe siècle contre le bolchévisme" à "la Sainte croisade de XXIe siècle contre l'islamisme". La manipulation, l'instrumentalisation de l'actualité est partout, et sa lucarne favorite est la télévision, la plus apte à diffuser rapidement au plus grand nombre les effets de propagande. Ici non plus ce n'est pas un hasard, la propagande est quelque chose de bien connu de nos jours, et elle n'a d'autre but que de communiquer un message simple et bien définit à une masse de personnes afin d'orienter ses réactions dans la direction voulue, la masse qui représente la fameuse "opinion publique"(quelqu'un se souvient des dernières caricatures ?). C'est ainsi que ça fonctionne. Le pouvoir, depuis la disparition des monarchies de droit divin, a bien du se trouver de nouveaux vecteurs de contrôles, de nouvelles manières de conserver ce pouvoir durement acquit, à la sueur du front des autres.

"Dès qu'on est plus de deux, on est une bande de cons"...simpliste, certes, mais ce léger épigramme pourrait être l'illustration même de ce qu'est la "masse molle", composante invariable des sociétés humaines. Là ou chaque individu pris séparément se révèlle être une personne sensée et douée de raison (d'esprit critique), dans bien des cas ces premières impressions s'envollent lorsque la foule remplace l'individu. Ajoutez y un discours bien populiste, qui va brosser l'auditoire dans le sens du poil et faire vibrer les cordes sensibles des valeurs les plus dangereuses, saupoudrez d'un peu de nationalisme, un soupçon d'éloge tantôt consumériste, tantôt travailliste, finissez en fin par une cuisson rapide en désignant l'un ou l'autre bouc émissaire, et vous voilà à la tête d'une foule rendue hystérique, prête à se jeter à vos pieds de sauveur-qui-sait-tout-et-qui-nous-guide. L'alchimie de la transformation de la conscience collective en inconscience collective, l'incroyable capacité à transformer tous les signes d'oppressions en valeurs positives...La liberté, c'est l'esclavage.

C'est sur la masse-molle que le pouvoir agit, c'est pour elle et par elle que le pouvoir communique, et son discours peut se résumer ainsi : "bonjours mes amis endoctrinés, nous sommes semblables et fier d'être endoctrinés, et nous rejetons tous ceux qui ne partagent pas notre doctrine". Les médias télévisé n'attendrissent pas les cerveaux que pour vendre du soda, ils préparent le terrain pour que la masse soit toujours prête, réactive aux appels lorsqu'on a besoin d'elle, sage et rangée entre deux élections...n'est ce pas ça être civilisé ?

Le talon d'Achile de cette gigantesque manipulation médiatique, c'est que malgré tous leurs efforts, il y aura toujours des irréductibles pour nager à contre courant, et d'autant plus que ces nageurs possèdent leur propre média, dont le nom est d'ailleurs la définition même de ce qu'est la contestation globale de la globalisation : Internet, une interconnection de réseau. Voilà qui éclaire d'une drole de lueur les dernières attaques massive contre le "monde virtuel". Mais s'il se sont rendu compte, à leur grand damn, que le capitalisme était soluble dans l'Internet, il sont aussi en train de prendre la mesure du contre-poids énorme que le réseau des réseaux représente face à leurs propres manipulations médiatiques. La question est de savoir si leur centralisme idéologique va aussi se dissoudre, ou si au contraire il va leur permettre de museler définitivement ce média trop libre. On peut controller des milliers d'éditorialistes et de rédacteurs, mais des dizaines de millions, c'est beaucoup plus difficile, alors ils préféreront essayer de controler d'avantage la masse, en l'orientant toujours vers les même sources. Ne vous occupez de rien, nous pensons pour vous. A propos, le chou-fleur de service, en charge de la culture, pense déjà à s'attaquer aux blogs, comme nous l'indique cet article sur E-torpedo : http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=919&titre=Renaud-Donnedieu-de-Vabres-precise

Restons toutefois optimiste, si, essayons au moins. L'occident n'est pas la planète, loin de là, et si 70 millions d'américains commencent à se poser de très sérieuses questions sur le 11 septembre 2001, il existe bien une petite lueur, quelque part. Pour le vieux continent, 2007 sera l'occasion de vérifier tout ça.

Le reportage, donc : Surplus, la consommation par la terreur - 2003 - 51 min - Erik Gandini (Né en Italie, il a produit de nombreux documentaires primés internationalement, avant de passer à la réalisation en 1994.)

Et puisqu'on parle de consommation, de surplus et de richesses, l'occasion de coller à l'actualité ne saurait être manquée. Ainsi, la Fille du Père Noël vous invite à vous interesser aux paradis fiscaux, et vous livre quelques extraits d'un article édité sur Attac France, article à lire comme un "Courant Clair"

"On se représente souvent le « paradis fiscal » comme un territoire lointain et perdu au beau milieu de l’océan. Pour autant, tous les paradis fiscaux ne sont pas des îlots. Certains se trouvent au coeur même de l’Union européenne. Ils ont un poids politique réel et pèsent, de fait, sur les politiques économiques européennes. Acteurs économiques à part entière de la mondialisation néolibérale, ils ne sont pas une anomalie du système financier : en contribuant à la liquidité des marchés financiers, ils facilitent les mouvements de capitaux et constituent bel et bien la soupape de la finance mondialisée"

[...]

"L’importance des capitaux, licites ou illicites, drainés par les paradis fiscaux est difficile à évaluer. Le Rapport moral sur l’argent dans le monde (année 2001) les estimait à plus de la moitié (54,2 %) des capitaux détenus hors frontières, soit plus de 5 000 milliards de dollars"

[...]

"Il est révélateur que certains Etats tels que la Suisse et le Luxembourg, dont les caractéristiques (faible imposition, secret bancaire) correspondent à ceux des paradis fiscaux, n’apparaissent pas dans ces différents travaux. Par ailleurs, les « Principes directeurs pour le traitement des régimes fiscaux préférentiels dommageables » adoptés par les pays de l’OCDE n’ayant aucune force contraignante, on peut avancer que le principal intérêt de ces différents travaux aura été de faire prendre conscience de l’ampleur du problème. Mais la volonté politique manque et, de fait, les paradis fiscaux demeurent, bien au-delà des classements officiels forcément réducteurs et d’une volonté d’entretenir des relations les plus normales possibles avec ces territoires"

Source : Attac France - PARADIS FISCAL, ENFER SOCIAL

Pour en revenir à la manipulation, et pour conclure cet article, voici un lien intéressant concernant les stratégies de manipulation : http://perso.wanadoo.fr/metasystems/Manipulations.html

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